20 Août 2010
Les choses valent par leur qualité et non par leur quantité. Ainsi le verset 100 de Sourate Al-Mâ’ida dit : « Dis : Le mauvais et le bon ne pourraient avoir la même valeur, même si le mauvais te séduit par son exubérance (abondance). Craignez donc Dieu, gens doués d’intelligence, afin d’assurer votre salut !»
En ce moment nous jeûnons tous walhamdou lillah, mais c’est certain qu’à la fin de la journée nous n’avons pas la même récompense. Nous lisons tous le Coran, il y en a même ceux qui vont le lire en entier plus d’une fois durant ce mois. Certains ne ratent pas une seule Rak’a de tarawih durant le mois complet. D’autres ne cessent de donner et donner encore aux autres, de leur temps, de leur argent, de leur bonté ou de leur sourire. Mais à travail égal en apparence, la récompense n’est pas la même à l’arrivée. Pourquoi ? Enfait, tout dépend de la qualité de nos œuvres, la profondeur et l’intention qu’on y met. Ce n’est certainement pas la quantité qu’importe le plus. Une lecture au kilomètre qui s’apparente à une course à gagner dans le seul but est de dire j’ai fini le Coran plusieurs fois ne vaut pas une lecture avec méditation des versets accompagnée d’une compréhension qui pousse à l’application.
Que vaut de rester debout pour tarawih sans rien rater si au lieu d’écouter avec les oreilles du cœur et d’être transporté par les paroles de Dieu, on est entrain d’écouter les douleurs et les ballonnements de notre ventre bien serré, rempli par excès. Notre seule concentration, c’est luter pour garder le woudou (ablution). « Et mangez et buvez; mais pas d'excès ! IL (DIEU) n'aime pas les excessifs. » (Coran 7 :31)
Que vaut notre sadaqa si on ne donne pas le meilleur de ce qu’on possède et si notre intention n’est pas la satisfaction de Dieu mais plutôt tout le bien que les autres vont dire de nous. Que vaut mon jeûne tous le mois si je continue à avoir un cœur plein de haine pour les autres (musulmans ou non), si je continue à avoir un vocabulaire qui contredit le jeûneur que je représente, si je continue à faire du mal et à avoir de la rancœur. « Selon Abou-Horeira, le Prophète (PSDL) a dit : Celui qui ne renonce pas à dire des mensonges, ni à pratiquer des faussetés, Dieu n’a nul besoin qu’il s’abstienne de boire ou de manger. » (Boukhary)
Il y a ceux qui font le Siyam (le jeûne) et ceux qui font la grève de la faim car ils pensent que le ramadan c’est juste s’abstenir de manger et de boire.
Que vaut mon dévouement pour les autres si je ne sais pas prendre sur moi pour contenir leurs erreurs, leurs ignorances et par fois leurs méchancetés.
Un frère, qui a l’habitude depuis plusieurs années de passer le mois de ramadan à la Mecque, ne manque pas de m’appeler de là-bas. Il me demande toujours de vous transmettre son salam (voila qui est fait). A chaque fois qu’il m’appele il me dit : « je suis juste en face de Al HARAM (la mosquée sacrée) ou en face de la Kaaba.»
Tout en étant jaloux chaque fois qu’il m’appelle, j’ai fini par me mettre à l’idée qu’il doit y avoir une sacrée différence entre celui qui passe un mois de ramadan en face du Haram et celui qui est à Tremblay, en France. Vous pensez que celui qui fait le ramadan à la Mecque à la même récompense que celui qui la fait à Paris ? Selon sa niya (intention) et ses efforts , je pense que celui qui est à Paris et qui lutte au milieu du Haraam (péché) pour maitriser ses yeux, sa bouche, son vocabulaire, ses allés et ses retours dans le RER B, se démène pour ramener à manger à sa famille et en même temps fait un jihad pour préserver son jeûne entier jusqu'à l’Aid, celui là n’a certainement pas la même
récompense que celui qui est tranquille à Mekkah ou à Médine où tout ce qui bouge lui rappelle Dieu.
De même, celui qui est en face du HARAM et trouve le moyen de faire le haraam (les péchés), celui là n’aura pas le même degré de châtiment que celui qui fait le même péchés à Paris.
Allah est JUSTE ! Jeûnez, lisez, priez, donnez, accourez.., mais faites le de la plus belle manière, visez l’excellence !
Puisse Allah accepter tous ça. Amine B.A.