5 Avril 2009
Quand l'homme est gouverné par une véritable inspiration et de vrais mobiles religieux, il engendre automatiquement en lui-même le désir du bien, se parant ainsi d'un grand attrait moral et faisant preuve d'un caractère et de vertus exemplaires. Cette inspiration et ces mobiles entraînent pour celui qu'ils habitent que la religion, dans sa forme la plus fondamentale, lui dicte son caractère et son comportement. Une conduite droite lui procure satisfaction à la fois au cours de la vie terrestre et dans l'au-delà. Nous appelons cette motivation la «conscience».
Omar, le deuxième calife après la mort du Prophète Mohamed (saws), ordonna une fois que les rues étroites de Médine soient débarrassées de l'encombrement des marchands qui y étalaient leurs marchandises et qu'elles soient données aux gens pour s'y promener. Malgré cet ordre, un marchand persévéra à étaler ses objets dans la rue. En voyant cela, Omar infligea une critique au marchand pour sa désobéissance. Les nuits suivantes, comme Omar essayait de s'endormir, sa conscience se mit à le tourmenter et l'empêcha de dormir. Après plusieurs jours de remords, Omar retourna chez le marchand et s'excusa auprès de lui pour sa conduite. En entendant les excuses d'Omar, le marchand lui dit: «J'avais oublié tout cela.» Omar lui répondit: «Vous l'avez oublié, Omar ne le peut pas.»
Un autre incident illustrant cette conscience très aiguisée se produisit également au cours des premiers temps de l'Islam. Quand le gouverneur de Homs démissionna au cours du Califat d'Omar, on lui demanda la raison de sa démission. Le gouverneur dit: Je crains la colère de Dieu pour avoir interpellé un Chrétien sous ma responsabilité en lui disant: «Que la disgrâce de Dieu soit sur vous.»
Ces deux histoires montrent que la religion peut produire une société dans la construction de laquelle un haut degré de conscience peut jouer un rôle positif. Cette situation ne se limite pas uniquement à la religion de l'Islam, mais se présente avec toutes les religions révélées qui mettent l'accent sur la nécessité de cultiver la conscience. Le Coran indique:
«Il réussit, celui qui se purifie et rappelle le nom de son Seigneur et prie de cette manière. Mais vous préférez la vie du Monde bien que la vie dans l'Au-delà soit meilleure et plus durable. Ecoutez! Ceci se trouve dans les premières Ecritures, les Ecritures d'Abraham et de Moïse.» Sourate 67, (L'Empire), Versets 14-19.
La réalité de la foi en Dieu est de croire qu'Il vous observe et se souvient de vous à tout moment et dans toutes vos actions. Dieu déclare dans le Coran:
«Et vous ne vous occupez d'aucune affaire et vous ne récitez aucun texte du Coran et vous ne posez aucun acte sans que Nous soyons témoin de vous quand vous agissez ainsi.» S10, (Jonas), V61.
«Que vous fassiez savoir ce que vous avez à l'esprit ou que vous le cachiez, Dieu vous en demandera des comptes.» Sourate 2, (La Vache), Verset 289.
Le Prophète Mohammed (saws) insiste sur ce fait en disant: «Adorez Dieu comme si vous le voyiez; Bien que vous ne puissiez pas le voir, Il vous voit.»
C'est pourquoi, nous devons chercher notre chemin vers l'obtention d'une conscience vivante, celle qui accorde le pardon et interdit l'oppression, qui ne conduit pas dans l'erreur, et qui montre le chemin vers la vérité et le bien.
On raconte l'histoire d'un berger inculte qui n'était allé qu'à l'école de la vie. Abdullah Ibn Omar lui demanda de lui abattre un mouton mais il refusa. Son motif était que le propriétaire du troupeau ne lui avait donné que l'autorisation de traire son troupeau pour des étrangers mais pas de les nourrir en viande. Devant ce refus, Abdullah suggéra qu'il paierait le mouton et que lui, berger, dirait au propriétaire que le mouton avait été dévoré par un loup. En entendant cela, le berger s'écria à plusieurs reprises: «Où est alors Dieu? Où est alors Dieu?»
Ce simple berger s'était soumis à sa conscience, avant même de se soucier de rencontrer son maître et, en fin de compte, Dieu. Ceci est parce qu'il avait pleinement compris l'enseignement du Prophète Mohammed (saws): «Rendez-vous responsables de vous-mêmes avant qu'on ne vous rende responsables et pesez vos actes avant qu'ils ne soient pesés pour vous.»
C'est la religion qui forme de telles consciences. Dans le cas du berger, malgré l'absence de son maître, il resta fidèle à la confiance qu'on avait placée en lui. Le Coran dit:
«En vérité, Nous avons créé l'homme et Nous savons ce que son âme lui souffle et Nous sommes plus près de lui que ses veines jugulaires.» Sourate 50, (Le Qâf), Verset 15.
L'Islam a éduqué la conscience sur la base que l'homme devrait se montrer prudent dans ses actes, dans le respect de sa conduite envers les peuples et toutes les créatures de Dieu.
Mohammed, le Messager de Dieu (saws), raconte l'histoire de deux femmes, dont la première alla en enfer parce qu'elle maltraita un chat qu'elle avait emprisonné sans lui donner elle-même à manger et sans lui permettre de se nourrir lui-même de sorte que le chat mourut. La seconde femme, bien qu'elle fût une prostituée, fut pardonnée de ses erreurs et entra au ciel suite à ce qu'elle trouva un chien léchant de la boue près d'un puits. En voyant la souffrance pitoyable du chien, elle se dit:
«La soif qui afflige ce chien m'afflige.» Elle alla donc au puits, s'y désaltéra, puis remplit ses souliers d'eau pour en abreuver le chien.
Le Prophète Mohammed a fondé le principe de foi et, par conséquent, de bonne conduite par la tradition suivante: «Si vous vous sentez heureux par la bonne action que vous faites et malheureux par la mauvaise action que vous commettez, alors sachez que vous êtes un croyant.» Ce principe ne peut être compris que dans le contexte d'une conscience cultivée.
Cependant l'Islam ne s'arrête pas à ce niveau et presse l'homme à s'élever à un plus haut degré de conscience où il reconnaît les droits des autres et rétablit ceux qu'il a sans s'en rendre compte opprimé. Le Coran dit:
«O vous qui croyez! Observez la justice et témoignez-en devant Allah même si elle est à votre désavantage.» Sourate 4, (Les Femmes), Verset 135.
Le Prophète Mohammed dit: «Il y a trois attributs; s'ils se trouvent chez un homme, il accomplira sa foi: en donnant la charité malgré une pauvreté abjecte, en répandant la paix à travers le monde et en en accordant aux peuples les droits qui leur sont dus, sans recourir à un juge.» Dans toutes les circonstances il est du devoir de chacun de nous d'éduquer et de polir nos consciences. Dieu dit dans le Coran:
«Ecoutez! L'écoute, la vision et le cœur, de chacun de ceux-ci il sera demandé des comptes.» Sourate 17, Verset 36.
En conclusion, on peut dire qu'un être vraiment humain est celui en qui s'est établie une vraie et inébranlable croyance et en qui se maintient, dans les profondeurs de son cœur, une vraie matrice de conscience. C'est cette véritable personne qui respectera la loi et le bien de la société, sa stabilité et sa structure, et la concorde de ses membres. Une société sans conscience n'a pas de repos, et il n'y a pas de conscience sans foi.
Que la paix soit sur vous tous.